Chaque mois Jokkolabs met en avant un des Jokkoworkers. Découvrez ce mois ci : Sabrina Coulibaly Seck, Fondatrice de Coulibaly Consulting qui met son expertise juridique au service de votre performance.

Qui est Sabrina ?

Je suis Sabrina Coulibaly Seck. Franco- sénégalaise, je me suis installée au Sénégal mi-2015 (dans l’objectif de ne pas le quitter) avec ma famille. Je suis juriste de formation et d’expérience. J’ai exercé comme juriste pendant plus de 12 ans dans diverses structures privées et publiques en France avant de m’installer ici.

Qu’est ce qui vous a motivé à entreprendre ?

J’ai suivi des études de droit pour devenir avocate, métier que je voulais exercer depuis mes 10 ans. En fait, mon but était de défendre les droits des « gens », surtout les plus démunis, les aider, les accompagner.

Après une expérience très enrichissante dans un cabinet spécialisé en droit des étrangers / droit d’asile, expérience que j’ai adorée, je n’avais pas envie de me lancer dans la gestion d’une profession libérale. Je voulais privilégier une vie de famille (à construire à l’époque) et avoir un salaire stable. C’est comme ça que je suis devenue juriste en entreprise.
Mais au cours de périodes de chômage, l’envie de créer ma propre entreprise en proposant des services d’assistance juridique est revenue. Le climat en France ne s’y prêtait pas spécialement et le statut d’auto- entrepreneur n’existait pas encore. Donc, je ne me suis pas lancée… Et comme je pense que rien n’arrive par hasard, j’ai assez rapidement intégré une grande entreprise où j’acquis un éventail de compétences que je peux désormais partager.

C’est dans notre projet de « retour » au Sénégal que l’envie m’est revenue de créer mon entreprise. J’ai tout de même tenté la recherche d’emploi salarié ici mais au bout de 6 mois je me suis lancée à créer mon entreprise de consultance juridique, Coulibaly Consulting. En fait, j’y étais plus préparée que de redevenir salariée.
Mais pour tout dire aussi, mon père est un entrepreneur dans l’âme qui nous a transmis ce flux de l’entrepreneuriat…

Dites nous en plus sur votre structure Coulibaly Consulting. Quel est votre secteur d’activité ? Que proposez vous comme solution ? A quel besoin/problème répondez-vous ?

Coulibaly Consulting est, pour le moment, une entreprise individuelle qui propose des services de consultance juridique et un accompagnement en gestion de projet à tout type d’entreprise, société, organisme, association, institution des secteurs privé et public.

L’objectif est que toutes ces structures bénéficient d’un accompagnement de qualité lorsque le besoin se fait sentir.
De par ma formation et mon expérience, j’interviens dans des domaines très variés. Je fais des obligations contractuelles (contrats, conventions, partenariats) et des relations partenariales ma spécialité. De même, je suis plus qu’à l’aise en matière de droit du travail, protection sociale, recouvrement pré-contentieux / contentieux (en lien avec les avocats, huissiers), mise en œuvre de politiques publiques… Je ne peux pas énumérer. Ce que je peux préciser c’est que j’étoffe mes compétences quotidiennement. J’accompagne également les créateurs / repreneurs d ‘entreprise, et pas seulement au Sénégal.

Il existe ici, au Sénégal, un réel besoin d’être accompagné juridiquement. Ce besoin est repéré ou non par l’entrepreneur. Quand il est repéré, beaucoup pensent qu’ils n’ont pas les moyens financiers de faire appel à un juriste. Or, il n’existe pas que de gros cabinets très chers. Faire appel à un service juridique est nécessaire pour la survie des entreprises et ne doit pas être un luxe tout en ayant une très bonne qualité de service! C’est à ce besoin que je veux répondre, aux besoins des TPE/PME, informels, individus.

Avez vous rencontré des défis depuis le lancement de Coulibaly Consulting ?

Les difficultés rencontrées sont nombreuses pour l’entrepreneuriat au Sénégal, pas seulement pour Coulibaly Consulting. Plus spécifiquement, je rencontre depuis le départ un accès compliqué à l’information fiable. J’entends souvent qu’il n’y a pas de problème d’information. Je ne suis pas d’accord. Quand pour une même interrogation vous avez des réponses discordantes au sein d’une même institution, c’est un problème… Mais aussi de manière générale, en tant que juriste, j’ai besoin d’avoir la législation et la réglementation en vigueur, pas celle d’il y a 15j ou 5 ans. Dans la même lignée, l’accès à l’information n’est pas évident. A l’ère d’internet, toute l’information doit être en ligne et facilement trouvable. Or, ce n’est pas le cas. Tout est distillé, pas toujours à jour. Et dans le doute, il faut se déplacer auprès de la structure pour avoir des confirmations. Résultat : perte de temps = perte d’argent !

Une autre difficulté a été de ne pas bien connaître le marché sénégalais et certains modes de fonctionnement. Cela retarde le démarrage de l’activité.

La plus grosse difficulté pour moi est de ne pas parler Wolof. C’est un obstacle car la plupart des échanges, dans tout type d’entreprise, se fait en Wolof. Mais surtout, moi qui vise à moyen/long terme, entre autres, le secteur de l’informel et les collectivités territoriales, la maîtrise de la langue est primordiale.

Enfin, pour ne pas tout énumérer, ce qui m’a le plus pesé dans la création de mon entreprise, c’est la solitude. J’ai toujours eu des collègues, travaillé en équipe. Se retrouver seule face à un marché inconnu, dans un pays où je n’ai jamais vécu a été assez difficile.

Combien d’emplois avez-vous créés ?

A ce jour, je n’ai pas créé d’emploi. Mais à terme, j’espère bien avoir un cabinet de 15/20 personnes. Ça peut sembler peu mais j’aimerai que la gestion reste humaine. L’avenir nous dira…

Quels sont les défis que vous rencontrez au quotidien en tant qu’entrepreneur?

Il y en a plusieurs.

J’ai un cœur de métier. Or, en tant qu’entrepreneur, on doit exercer tous les métiers : comptabilité, fiscalité, démarches administratives diverses, communication, marketing…
Lorsque je peux, je délègue.

Un autre défi est de sensibiliser les entreprises à l’utilité de l’accompagnement et de la prévention. Il ne faut appeler le juriste que lorsque le « mal » est fait. Il existe tant de moyens de se prémunir pour limiter les risques justement. Le coût de la prévention est bien moindre que celui de la réparation. C’est comme en matière médicale, il vaut mieux prendre soin de sa santé en la suivant régulièrement et à moindre coût que d’attendre que la santé se dégrade à tel point que le prix des soins est exorbitant.

Est ce qu’il ya eu des déconvenues ?

Pas trop pour le moment. Un des avantages à être seule est d’avancer au rythme que je souhaite en mesurant les risques à ma manière. Pour certains, je suis bien trop lente. A ceux-là je réponds que je ne suis pas lente, je suis patiente.

Depuis quand êtes- vous Jokkoworker? Votre ressenti ?

J’ai intégré l’espace de co-working de Jokkolabs depuis juin 2016. C’était d’abord pour répondre à ma solitude, avoir des « collègues », et aussi me faire du réseau. Je suis sociable, j’aime partager, sur tout et presque n’importe quoi. J’aime aider aussi, surtout en fait.

L’espace me correspond très bien. C’est détendu (même des juristes aiment travailler de manière détendue), avec des personnes intervenant dans des domaines très divers bien que la dominante soit le secteur des TIC. Les temps de partage permettent de nous connaitre entre nous. On mutualise également des informations, ce qui m’a beaucoup apporté pour développer mon réseau, connaître mieux le marché, les pratiques. Ca permet aussi de participer à des évènements internes ou externes.

En bref, quand on s’implique un peu dans le système « Jokko », ça ne peut être qu’enrichissant. C’est pourquoi j’aime m’impliquer, à l’occasion, dans la vie de Jokko sur différents aspects.

Quoi de neuf?

Je n’en suis qu’au début du chemin qui, je le souhaite, sera bien long. En prévision : un site internet et une page pro LinkedIn.
Pour la suite, démarcher, encore et toujours démarcher… pour embaucher !

Le mot de la fin ?

Je veux remercier tous ceux qui ont participé, et qui participent encore, à la création et à la vie de Coulibaly Consulting. Famille, amis, proches, anciens collègues, nouvelles rencontres… Je ne veux pas donner de noms par peur d’en oublier mais c’est grâce à de très nombreuses personnes que j’avance, qu’elles en soient conscientes ou non.

En tout cas, merci Jokkolabs de nous offrir cet espace d’échanges et merci aux Jokkoworkers qui m’ont élu Jokkoworker du mois.

La Jokkworker du mois : Sabrina Coulibaly Seck