De gauche à droite, les jeunes entrepreneurs Zalba Djidda, Sabrina Coulibaly Seck, Nogoye Ndiaye et Yacine Dia Ndiaye ont partagé leurs expériences entrepreneuriales.

Le piège à éviter dans l’aventure entrepreneuriale, c’est de céder au découragement après quelques erreurs. C’est la conviction des jeunes entrepreneurs qui ont partagé leurs expériences le jeudi 8 février 2018, lors du « Fuckup Night » (soirée autour « de l’échec et du rebond entrepreneurial ») organisé par la Fondation Friedrich Naumann.

On parle, le plus souvent, des expériences réussies, aussi bien dans le domaine de l’entrepreneuriat que dans d’autres secteurs de la vie active. Mais la Fondation Friedrich Naumann a choisi de recueillir les témoignages des entrepreneurs qui ont connu des échecs. Justement, pour ces startups, le mot « échec » n’est pas approprié en entrepreneuriat ou du moins sa signification est discutable. « Je ne sais pas si pour mon cas, je peux parler d’échec, parce que l’on apprend toujours de nos erreurs », relève Yacine Dia Ndiaye qui est dans l’offre de services numériques.

L’échec a une autre signification pour cette spécialiste de la communication et du marketing. Celui qui a échoué, considère-t-elle, est celui qui n’est pas allé jusqu’au bout de ses idées, c’est-à-dire qui n’est pas parvenu à concrétiser son projet. La réussite d’une pouce dépend beaucoup de l’organisation, de la patience, de la gestion du temps… « Lorsque l’on gère sa propre entreprise, on a souvent l’impression que l’on a du temps. On ne se fixe pas un calendrier, un échéancier. Plus l’exécution d’un marché vous prend du temps, plus vous perdez en bénéfices », conseille Yacine Dia Ndiaye.

Elle croit au recrutement de personnes compétentes pour accompagner l’évolution de la jeune entreprise. Ce sont les compétences qui consolident les bases de la startup. L’erreur à éviter, c’est de recruter des agents sur la base de Cv et de lettres de motivation. « Il est nécessaire de faire des tests techniques pour recruter des agents. Si vous n’avez pas les personnes qu’il faut, cela va jouer sur la productivité de l’entreprise. La passion ne suffit plus, il faut de la compétence et de l’expérience pour réussir », a soutenu Yacine Dia Ndiaye. Au début de l’aventure, elle déconseille de lancer plusieurs produits ou services en même temps.

L’entrepreneuriat rime avec la culture du risque
Lors des échanges, de jeunes entrepreneurs ont évoqué l’absence d’une étude de marché comme étant l’une des causes de la disparition des pouces. D’autres ont recommandé aux jeunes de tenir une bonne comptabilité s’ils veulent devenir des entrepreneurs confirmés. Aussi, l’environnement fiscal influence-t-il beaucoup la pérennisation d’une jeune entreprise. La dette fiscale peut même précipiter la pouce vers le précipice. « Il faut anticiper et se préparer à gérer toutes les questions fiscales pour prévenir les contentieux et limiter les dégâts », recommande la directrice de Coulibaly Consulting, Sabrina Coulibaly Seck. L’entrepreneuriat rime avec la culture du risque. L’entrepreneur peut réussir, devenir milliardaire comme il doit s’attendre à tout perdre, y compris sa famille, ses enfants et sa femme.

La Fondation Friedrich Naumann offre ce cadre d’échanges dans le but de permettre aux jeunes de capitaliser les bonnes pratiques, d’éviter les erreurs commises par d’autres personnes. « Nous tirons un bilan positif de ces « Fuckups Nigths » (soirée autour « de l’échec et du rebond entrepreneurial »). Ces rencontres ont permis d’apprendre des expériences des uns et des autres », note le chargé de programmes à la Fondation Friedrich Naumann, Antonin Oumar Gning.

Concrètement, les « Fuckups Nights » constituent un espace de partage d’expériences et de capitalisation de bonnes pratiques.

Idrissa SANE

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